Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Aya, le N°8. Illustration de Ilya Kuvshinov (me semble-t-il).

Le compte-rendu à plusieurs voix du premier épisode, c'est ici. Aujourd'hui, avec près d'un an de retard, la suite! 

 

Aya

Presque dans le même temps, une sorte de robot surgit du large conduit dans lequel s’agitent d’épais câbles métalliques. Mais ce n’est pas un robot, il y a un humain dedans et vue sa gueule avant qu’il ne s’enferme dans sa machine, lui aussi c’est un survivant. Il est suivi par un grand type négligé et engoncé dans le même genre d’armure que le jeune homme trop neuf. Elles ne sont pas faites pour eux. Ou l’inverse.

J’ai perdu trop de temps pour fuir mais le Sôkô-no a aussi pris le temps d’évaluer la nouvelle situation. Là, il a terminé et il tourne sa tête vers moi en activant les canons rotatifs de sa tourelle. Le jeune homme en profite pour se mettre à l’abri et il a bien raison. J’entame une esquive en salto arrière et calcule que trois bonds suffiront pour éviter cette première salve et m’enfuir.

Et puis il se passe quelque chose d’anormal : l’homme-dans-sa-machine attaque le Sôkô-no. Il attaque le Sôkô-no ?! Est-ce que ça veut dire qu’il n’est pas indestructible ? Et pourquoi l’homme attaque-t-il quand le Sôkô-no a déjà une cible et qu’il peut donc s’enfuir facilement ? Alors pour la première fois, je décide de faire face au prédateur. Je décide de lui faire fondre ce qui lui sert de tête et instantanément l’air s’embrase, les flammes se contractent en une boule compacte qui s’abat sur « le crabe ». Etonné que sa proie se rebelle, il lève une patte pour se protéger. Je veux recommencer maintenant et à nouveau des flammes forment un projectile mortel. Il se protège encore une fois et sa patte est réduite à l’état de métal fondu. On peut donc VRAIMENT abîmer un Sôkô-no ! Comment est-ce seulement possible que je n’y ai jamais pensé avant ; ça semble tellement évident !

Non seulement l’homme-dans-sa-machine ne s’est toujours pas enfui mais en plus il se jette sur le Sôkô-no. Entre temps, j’ai aperçu du coin de l’œil le jeune homme qui s’enfuyait par un escalier. Je m’apprête à prêter main fort à l’homme-dans-sa-machine mais il se passe quelque chose. Ça vient du grand type négligé avec son armure pas faite pour lui ; et lui aussi en veut au Sôkô-no ! Il y a comme une aura autour de lui, une aura de puissance à double tranchant : il peut faire du bien ou du mal aux machines. Je ne sais pas comment, mais je le sens. Et là, il a décidé de faire du mal. Le Sôkô-no penche la tête comme s’il avait un torticolis et lentement mais sûrement, elle donne l’impression de devenir trop petite pour l’unité centrale qu’elle contient. Les lentilles de son système visuel éclatent, de multiples arcs électriques se forment autour de la tête et puis… plus rien ! Le Sôkô-no est hors service, brisé ! Je lui donne un grand coup de pied pour être sûre.

Un calme surréaliste s’abat sur la salle quand l’homme-dans-sa-machine, le grand type et moi nous nous toisons. Nous sommes dans ce qui ressemble à un grand hall d’entrée… tout neuf, comme le reste. Pourtant, j’aperçois des ruines à l’extérieur et comme des bruits de bataille. L’homme-dans-sa-machine déclare d’une voix rendue nasillarde par son micro que je dois être le patient zéro, qu’il faut m’extraire. Ainsi, ce n’est pas un survivant. Il travaille pour une puissance qui cherche quelqu’un. Et il voudrait m’emmener ? Moi ? Au moment où je viens de m’échapper d’un bunker, où pour la première fois j’ai compris que je pouvais attaquer les Sôkô-nos ? M’emmener, sans rire ?

Mais le grand type répond à Serge ou Ser-Jean que je ne suis pas le patient zéro, que je suis… autre chose. Et quand je leur apprends qu’il y a une petite fille tout en bas, qu’elle m’appelle et que je dois la rejoindre, le grand type qui s’appelle Zeami déclare que c’est sûrement cette petite fille, le patient zéro.

À ce moment-là, une voix résonne donne un communicateur. C’est Phonic, le jeune homme trop neuf, qui annonce qu’il poursuit quelqu’un, peut-être un « civil », en direction du niveau -1. Civil, Ser-Jean… non Sergent. J’accède à une partie de ma mémoire qui était comme confinée jusqu’ici pour laisser toute leur place à mes capacités de survie. Ce sont donc des militaires. Nous commençons à chercher un passage assez large pour laisser passer le Sergent. Et puis au bout de quelques minutes, nouvel appel paniqué : « Communication à la bande ! Je me fais bousiller la gueule par des droïdes ! Un coup de main ? ». On décide de passer par le grand conduit avec les câbles. Cette fois, je reconnais un ascenseur. Je n’en ai jamais vu en état de marche et celui-ci est comme les autres, abîmé, mais je sais que c’en est un. Le -1 est un vaste parking. Et effectivement, Phonic n’est pas fait pour survivre dans les ruines. Il est aux prises avec des robots de maintenance qui n’ont pour seules armes que… leur matériel de nettoyage. Phonic doit avoir une dystrophie musculaire grave. Ou alors, ses muscles ne sont pas encore développés parce qu’il est trop neuf.

Le Sergent tire deux boules d’énergie qui anéantissent les robots de maintenance. Je comprends à ce moment-là que c’est sa machine qui tire, pas lui. Ce n’est pas juste un véhicule et une armure, non, c’est aussi elle qui fait feu. Sans elle, le Sergent n’aurait pas de pouvoirs. Lui aussi a une maladie ? On dirait deux infirmes qui se complètent : un mecha à qui il manque l’unité centrale pour prendre ses propres décisions et un homme malade qui s’en sert comme d’un exo-squelette. Quel couple improbable !? Sur qui suis-je tombée ?

Je peux enfin regarder le jeune homme trop neuf de près, Phonic. Je n’ai jamais vu quelqu’un comme lui. Il donne l’impression d’être un… [recherche dans ma mémoire]… d’être un enfant. Il réagit avec désinvolture et humour aux choses sérieuses, comme s’il ne comprenait pas vraiment ce qui l’entoure. Il m’intrigue beaucoup. En tous cas, il a besoin qu’on le protège, c’est une évidence.

J’entends une voix dans ma tête. Elle me dit de tous les tuer et de la rejoindre tout en bas. Je les dévisage les uns après les autres, j’évalue la situation. À ce moment, Phonic nous informe que le civil est parti au -4. Pourquoi veulent-ils le retrouver ? Pourquoi fuit-il ? Leurs réactions ne suivent aucune logique puisque la petite fille est tout en bas. Nous prenons les escaliers jusqu’au -4. Nous traversons un réfectoire, une sorte d’économat (plein !), des locaux techniques et nous tombons sur un carnage. Des personnes ont été transpercées par des câbles et suspendues au plafond. Ce n’est pas un Sôkô-no qui a fait ça. C’est quelqu’un en colère et qui n’aime pas les humains.

Nous continuons et finissons par rejoindre le civil. C’est un drôle de type qui n’inspire pas confiance. Il porte une armure sous un vêtement pour enfant et un bonnet sur la tête. Non, vraiment Ryu n’inspire pas confiance au premier abord. Il se présente comme un technicien de maintenance sans convaincre personne et quand il nous entend parler de la petite fille, il déclare qu’il y a effectivement des enfants au -40. C’est dommage, j’arrive du -38.

Pendant qu’on discute, Phonic se branche sur une console. Apparemment, il peut « entrer » dans les systèmes informatiques avec son esprit. Serait-ce la cause de sa faiblesse physique ? D’ailleurs, il annonce qu’il ne se voit pas descendre 36 étages à pieds par les escaliers, qu’il va prendre le monte-charge avec Ryu. Moi, je ne veux pas être enfermée dans une boîte. Je veux pouvoir courir si besoin. Je ne suis pas la seule de cet avis et nous nous séparons le temps de descendre au -40. Arrivés en bas, une surprise nous attend. Alors que nous pensions le bâtiment plongé dans l’horreur et déserté, nous tombons nez à nez avec des employés en train de vaquer à leurs occupations. Quand ils lèvent le nez sur le Sergent, Zeami et moi, ils en restent bouche bée. Une femme qui sirotait une boisson avec une paille brise le silence avec un gros bruit d’aspiration et un type en blouse blanche nous assaille de questions sur notre présence, s’étonne de me voir ici, me demande pourquoi je suis sortie de ma salle et me presse d’y retourner. Mon regard glacial le décourage d’insister, d’autant que je commence à avoir un mauvais pressentiment sur ma présence justement. À ce moment, le technicien et Phonic, qui décidément ne semble pas du tout dans son assiette, déboulent par une porte de service.

Les autres bombardent le scientifique de questions qui, devant cette situation inédite et extrême, choisit de nous faire le topo. La ou plutôt LES petites filles que nous cherchons sont les sujets 0A et 0B. Il s’agit d’androïdes vivantes conçues par Haruhukai Industries à partir d’échantillons de créatures d’une autre dimension, les Mechanoids. Le sujet 0A est clairement bien disposé par rapport aux humains mais ce n’est pas le cas de 0B. Elle partage, avec les Mechanoids, une extrême malignité confinant à la volonté de détruire purement et simplement des civilisations dans le meilleur des cas, de ravager des mondes dans le pire. Je comprends de la conversation qu’ils ont fait plusieurs essais et que… je suis le sujet N°8. Aya.

Les autres me regardent, surtout Phonic qui ouvre des yeux grands comme des soucoupes. Zeami ne semble pas vraiment surpris, le sergent, aussi expressif que son mecha, accuse le coup. Je ne bronche pas. J’intériorise cette révélation. Au fond de moi, c’est comme une digue qui cède, une digue artificielle érigée par ces scientifiques pour m’empêcher de comprendre et de faire le lien entre toutes ces informations logiques : mes ressources physiques, mes capacités psychiques, l’abstraction complète de la faim, de la soif ou du sommeil, mon indifférence pour l’obscurité et enfin, l’absence de souvenirs plus vieux que mon dernier sprint pour échapper à un Sôkô-no…

Mon visage ne tressaille pas mais je m’interroge sur la réaction à avoir. À ce moment, la voix retentit bien plus fort dans ma tête : « Aya, tue les tous, tue les tous ! ». Pourquoi ? Pourquoi pas ? Le sergent mort, ils n’auraient aucune chance et je… Ils parlent à nouveau de 0A et 0B, je dois d’abord écouter.

Les militaires veulent savoir comment Haruhukai Industries a obtenu les échantillons de Mechanoids. Alors le scientifique, exultant, nous montre ce qui était encore dans l’ombre : un Rift, ceinturé dans un large anneau de métal. Il en est fièrement à nous expliquer que tout est parfaitement sous contrôle quand son visage se fige : la « surface » du Rift s’illumine et devient mouvante, et juste devant, se tient une petite fille aux longs cheveux noirs qui lui cachent le visage. Le flou laisse place à un paysage de mort : au-dessus d’un désert recouvert de millions de squelettes humanoïdes, un gigantesque vaisseau plane en exerçant une telle force d’attraction que les dépouilles se mettent à léviter. Puis le vaisseau des Mechanoids se met en branle, direction le Rift… et le niveau -40.

Le Sergent enclenche son armure et fait s’abattre un déluge de projectiles sur le portail pour fermer le Rift. Ça aurait pu marcher… si 0B ne s’était pas moquée des tirs et n’avait pas reconstitué l’anneau au fur et à mesure.

Instinctivement, nous reculons tous d’un pas. La proue du vaisseau commence à s’engager dans le Rift. C’est sûrement le bon moment pour commencer à courir. Mais faut-il remonter à la surface ou tenter de trouver 0A pour qu’elle arrête sa sœur ? 

Phonic dans ses œuvres. Photo extraite du film "Tron Legacy".

Phonic

– "Cours !"

Conseil sensé s'il en est ! Quand un char commence à tirer dans l'tas, que t'es taillé comme une baguette et qu'en face ce ne sont pas des nouilles, tu t'abstiens. Tu te caches et tu essaies de mettre tes propres talents en jeu. D'autant que la gonzesse, en trois sauts, elle évite des tirs d'artillerie ! Définitivement, je n'ai rien à foutre là ! Le Sergent a beau l'air tout petit à côté, il a des arguments aussi, et moi aucun d'aussi léthal. Mon truc, c'est de mettre la bonne musique pour la bonne occasion. Ça me donne une idée d'ailleurs.

La salle de commande est juste derrière, d'ailleurs ... merde ! Y a quelqu'un là-bas qui se casse par la porte arrière ! Le groupe Alpha? Un civil? Et du coup, je lui cours après? Quand on est face à un problème compliqué, on simplifie, un point à la fois, approche logique, binaire, des 0, des 1 et .... PUTAIN C'EST QUOI CETTE FILLE? Mon équipe cache bien son jeu ! Après l'autre qui parle aux esprits des ascenseurs, voilà que la gamine balance des boules de feu ! Je me branche sur la console, me faufile au travers du dédale de la Matrice ... c'est le bordel ... Ça fuse dans tous les sens, sans logique, je repars sur l'idée du virus parce que j'ai peut-être mis cette idée de côté un peu vite. Je vois le truc comme un incendie de forêt qu'il faut arrêter : tu crames un morceau, ça empêche le feu de se propager sur le reste. Sauf que le "truc" n'en a rien à foutre, et bondit au-dessus de mes trous comme s'ils n'y étaient pas. Je comprends que mon idée de virus était on ne peut plus fausse -ou vraiment géniale, ma première impression était la bonne. C'est comme si un gamin jouait avec sa pelle dans un bac à sable, qu'il en balançait partout, détruisait les châteaux des autres, piétinait, contrarié, ou fâché, ou juste un sale gamin de merde. Bien connecté, je tente. Une fréquence, la bonne, peut détruire n'importe quoi, contrarié tout ce qui est informatique et briser les meilleures défenses, peu de chance, dans le stress et face à un truc qui se comporte comme ça. C'est la base, le son est plus puissant que n'importe quoi, aucune matière pure ne peut résister à la bonne fréquence et si tu produis juste le bon son, tu peux émuler n'importe quelle commande informatique complexe. Avec une centrale téléphonique, c'est un jeu d'enfant, avec un monstre de métal, c'est une autre paire de manches et ça m'emmerde parce que je ne trouve pas ... faudra que je réessaye une autre fois parce que je SAIS que ça peut marcher.

De l'autre côté de la vitre, je vois que ça marche pour eux. Sans les avoir suivis en détail, je découvre qu'ils ont brisé la machine, un bras en moins, le dessus tordu, des câbles arrachés.

– "Communication à l'équipe ! Bravo pour la bestiole mais y a un civil, il vient de se casser par la porte, vers en bas !" Civil ou pas, je n'en sais rien, je compte sur leur sens du devoir et puis ... je me souviens que j'ai failli servir d'appât au bout d'un crochet à viande et que le Sergent a à peine sourcillé. Et qu'il pourrait très bien se persuader qu'il a fait juste ce qu'il fallait en récupérant son "numéro 0", quitte à convaincre notre nouvelle copine que c'est bien elle, et en terminer avec toute cette merde. Silence radio, sauf que je n'ai même pas envie d'entendre qu'ils me suivent ou pas. Ça discute entre eux. Beaucoup. L'adrénaline jusque dans les cheveux, je dévale l'escalier vite, tout l'avantage quand t'es un playboy qui tient à sa ligne -ou qui a de la chance d'avoir une physionomie efficace, pour déboucher sur le parking. Au -1. Je le cherche le gars, pas facile, surtout quand les droïdes carwash me prenne pour du guano sur un pare-brise. Encore bien que c'est du plastique. Il doit être plus bas, les trucs se bousculent dans ma tête et je pense que je commence à tout mélanger.

Pause. Dans un building dont il ne restera de toutes façons bientôt plus rien, je suis face à un des points de ma liste d'envies avant de crever. Bim. Grosse bagnole terrible, genre l'occasion qui ne se reproduira pas sans risquer de me prendre des Yakuzas. Je monte et fonce, comme un dératé vers le niveau inférieur en faisant crisser les pneus sur le béton lissé. Bonne playlist, Jamiroquai, je kiffe ! Boum ! Ok, un peu trop. Je m'écrase contre un des énormes poteaux qui soutient tout le reste, tellement fort que l'arrière de la caisse se soulève. heureusement qu'elle était costaud, avec un truc moins puissant j'aurais été plié en deux ! Le retour à la réalité est brutal. Ils font quoi les trois autres? Et il va où ce civil? Dans un bordel pareil il ne pense pas qu'on soit là pour les sauver?

Et voilà que les droïdes carwash remettent ça et que ces saloperies essayent de me virer mon casque pour me nettoyer la tête de l'intérieur, c'est quoi cette merde? Sérieux?! La "chose" qui fout le bordel est vraiment capable de prendre le contrôle de tout? - Communication à la bande ! Je me fais bousiller la gueule par des droïdes ! Un coup de main? Enfin les potes rappliquent. Efficace, en deux grosses boules d'énergie, les droïdes ne sont plus que des amats de plastiques fondus. Note pour plus tard, tire ton plan Phonic, les tirs d'armures mecha, ça crame la gueule, dommage collatéral et tout ça. C'est sacrément efficace mais il me faudra au moins une semaine pour retrouver une tronche présentable. Enfin, au moins on est de nouveau ensemble et on a deux minutes pour "discuter". C'est pas mon idée, même si la gamine est vraiment mignonne et que j'apprécie pas mal la fascination qu'elle me porte, qu'elle je sois si "nouveau" comme elle dit.

– "Il est au -4, regardez sur l'ascenseur !

L'idée que le mecha passe sous la cabine est sympa, qu'il nettoie la zone d'autres droïdes détraqués, pourquoi pas mais du coup ... pourquoi il bousille tout? Ok, il n'y va pas avec des pincettes, mais c'est chiant, il va falloir trouver une autre manière de rejoindre les autres étages. Les escaliers c'est pas mon truc. Contre fortune bon cœur, retour à la course. Non, je ne veux pas savoir ce que je me prends sur la gueule. C'est visqueux, rouge-noir, surement du sang, mais aucune envie de voir d'où ça vient, les images traumatisantes ça ne m'intéresse pas du tout.

-4

C'est l'étage du mess, les réserves de bouffe, un local technique. Il fait noir, c'est l'bordel, raccourci méthode mecha, à travers tout l'étage, jusqu'au civil. On tombe sur des cadavres, un truc sale, des câbles électriques qui les suspende comme des marionnettes. c'est encore plus gore. Le gamin du bac à sable contrôle tout, pas juste des machines, mêmes les câbles. Putain. Derrière la dernière porte, on trouve enfin le gars que j'ai croisé et qui nous fuit depuis : salopette, bonnet, genre réparateur d'ascenseur, accompagné d'une autre dame qui bosse ici, Kyen ou quelque chose comme ça. Ce ne sont pas les Alphas, eux ont dû crever plus haut, ce sont bien des civils même si notre réparateur à une armure de flic sous sa salopette et que je trouve ça louche. Dans sa situation j'aurais fait pareil pour l'armure mais se faire chier à remettre la salopette? J'ai un peu du mal. J'aime bien leur optimisme qu'on va pouvoir les sortir de là, à trois avec une gamine ... et puis je me rends compte qu'il n'y a plus que nous en vie. Pour combien de temps?

On simplifie, une chose à la fois.

Ça discute de nouveau, j'ai l'impression de voir des gamines, en moins charmant que la petite en sous-vêtements. "Dangereux les ascenseurs, ne prenez pas le monte-charge". Bla bla bla. Sauf que Ryu — le réparateur d'ascenseur qui n'en est surement pas un — nous dit qu'il y a des enfants au -40. 36 étages par l'escalier ? T'es en bas, t'es plus qu'une merde incapable de respirer si ça ne t'a pas pris quelques heures. Pour moi ça sera le monte-charge donc, hors de question de traîner un traumatisme sur les ascenseurs en tous genres si on venait à sortir de là. Je joue l'interphone entre la bande et notre nouveau copain pendant les quelques minutes trop courtes qui nous font descendre sous-terre.

-40

– "Communication aux copains, on est sur place, et vous?"

On débarque dans une salle, noire, distributeur de boissons, une porte en face, une énorme baie vitrée et un panneau de contrôle. C'est-quoi-ce-bordel? Ryu se branche sur le panneau de contrôle, j'ai beau protester, il en a rien à foutre. Il allume le contour de la baie vitrée pour nous offrir une vision d'horreur absolue : des CENTAINES de Sôkô nos. Une armée de putains de Sôkô-nos ... Je flippe à mort, j'ai le droit non? Je profite du panneau ouvert pour me brancher et m'assurer d'un truc : si on est au bon endroit, ça doit être l’œil du cyclone, aucune perturbation. J'ai besoin de le croire pour ... pas me chier dessus avec tous ces robots tueurs. Ryu ne reste pas sans rien faire, on a une voie de sortie, la porte pour aller plus loin. Les potes ne sont pas là, on n'a pas encore trouvé les gamins, on doit poursuivre. Avec ses outils, Ryu force la porte. Salle pareille. À la suivante, on retrouve les gars et du personnel de la boite qui n'a pas l'air de s'inquiéter du tout que le monde s'effondre au-dessus d'eux ! Surréaliste ! En un fragment de conscience, je me dis que la petite armée de robots là, ce serait bon pour affronter le demi-dieu fâché non? D'après le réparateur de télé, on ne peut pas. Dommage, ça aurait donné un peu de sens à tout ça, sérieux ... On apprend qu'il y a deux gamines, qu'elles ne sont pas humaines, qu'elles viennent d'un Rift et que l'une d'entre elles est juste une saloperie qui détruit les civilisations ... et que mon ex-futur-copine vient du même endroit, une sorte d’androïde pensant à apparence humaine. Je suis ouvert d'esprit, ça explique pas mal de trucs, mais je ne suis pas sur qu'on ait un avenir. Peut-être pas du tout d'ailleurs. Ils nous montrent un anneau. Putain. Ils ont fait un Rift. Au 40ème sous-sol d'un immeuble. Et sous l'impulsion d'une des deux gamines — la mauvaise évidemment — le truc se met en route. C'est juste la catastrophe. Pour la première fois, je reste presque sans voix, genre juste cette certitude que face au Yang, on a intérêt à trouver le Ying si on veut une chance que le monde ne soit pas détruit. Au travers de l'anneau on voit un désert, des squelettes partout, sous un vaisseau tellement gigantesque que la gravité ne les retient plus au sol. La-fin-du-monde. Théo se lâche, il essaye de tout bousiller et y parvient pas mal, sauf que la gamine n'est pas impressionnée et qu'elle force l'anneau à se reformer, la porte à s'ouvrir. Je crois qu'on est mort, ou qu'il aurait mieux fallu.

– "Alors ? Vous me dites où est l'autre petite ou on se regarde crever sans rien dire?"

Qui c'est qui a invité les Mechanoids à dîner?
Tag(s) : #JOUER, #MES PARTIES, #HIROSHIMA 2, #ASIE, #JAPAN, #RÉPUBLIQUE DU JAPON, #KATSUHIRO OTOMO ART, #ILYA KUVSHINOV ART
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :