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sexe jdr "jeu de rôle"
"J'ai mis tous mes points en Constitution et en Prouesse ! Et c'est pas pour défoncer des Brodkils et des Splugorths."

Je savais bien que, avec cette "couverture" et ce titre, j'aurais des lecteurs. Cool. Comment on appelle ça les images racoleuses pour faire grimper son audience? Des "putaclics"? Sauf que je ne me fais pas un centime lorsque vous venez consulter mon blog. Si je voulais vraiment faire de l'audience et des caillasses, je ne ferai pas un blog en français consacré à Rifts, je ferais des vidéos de mon gamin en train de jouer.

La couverture n'est pas si mensongère que ça au demeurant puisque je vais effectivement vous parler de sexe, de fesse, de coït. Du sexe dans le jeu de rôle, précisément. Ou de l'absence de sexe plutôt puisque — vous allez être déçu·es — le sexe dans le JdR c'est vraiment pas ma tasse de thé. Voilà, c'est dit.

Je peux tout à fait conceptualiser une partie de jeu de rôle ayant une thématique très orienté "fesse". Mais, dans mon idée, ce serait un JdR avec un·e MJ et un joueur/joueuse qui se connaissent très bien — ou ont très envie de se découvrir — et où il y aurait une, plus ou moins grosse, partie "grandeur nature". Avec un gros accent sur la narration partagée, un truc plutôt narrativiste en fait! Je peux imaginer qu'il y ait plus de joueurs/joueuses mais on aborde alors des pratiques collectives: triolisme, échangisme, gang bang, partouze... Hum... À partir de quel moment ce n'est plus du jeu de rôle?

Mais, dans un registre plus habillé et beaucoup moins porno-érotique, je n'ai jamais assisté à une partie de JdR avec une scène de sexe explicite. Jamais. Que ce soit en tant que joueur, MJ ou simple spectateur. Et je n'ai jamais entendu parler d'une telle partie non plus. À l'inverse, les scènes de sexe implicites — on sait que ça baise mais la scène n'est pas décrite — sont, me semble-t-il, assez fréquentes. Pourtant, sur la toile ou sur papier, on voit fleurir régulièrement des articles nous vantant les mérites des scènes de sexe explicites dans une partie de JdR. Avec plein de conseils sur comment mener et raconter ces scènes, les enjeux, leur déroulement, leur intérêt, tout ça tout ça. Mouais...

sexe jdr "jeu de rôle"
"Tu veux jouer à "Donjons" avec moi ?"" Oui, je veux bien."

Sans moi.

Je ne mettrai pas de sexe dans mes scénarios de JdR. Dans le sens où je ne décrirai pas de scènes de fesse dans mes parties. Je veux bien mettre des personnages sexués et désirants, une ambiance coquine, des enjeux érotiques... Je veux bien aussi des compétences comme "Art érotique" et des Attributs comme "Sensualité". Si il faut attirer le chaland avec la devanture: no problemo. Les habitués du blog savent que j'adore illustrer mes articles avec des illustrations de midinettes peu vêtues. En fait je veux bien mettre tout le décorum d'un rapport sexuel présent ou à venir mais ne surtout pas le décrire.

Pourquoi? Par pudeur et par manque d'intérêt, ces deux raisons ayant tendance à se recouper in fine.

Pourtant les rôlistes sont des êtres humains comme les autres, avec des désirs, des besoins, des envies, des fantasmes... Et ces désirs, ces besoins, ces envies, ces fantasmes c'est du concret, c'est du réel. On parle de la vraie vie là, de ce que les gens ont dans leur tête, dans leur cœur et entre leurs deux jambes, au quotidien. Ben justement.

Qui a envie de ramener ce quotidien dans une partie de jeu de rôle? Les dragons, les poulpes géants, les dimensions infinies, les épées lasers, les vaisseaux spatiaux, la magie... — tout ce que l'activité rôlistique nous propose —, c'est l'évasion par l'imaginaire. On n'est pas dans le réel: on part en balade dans des univers fictifs exotiques, bien éloignés de notre expérience propre, de notre vie. Vous en connaissez beaucoup vous des JdR où on cherche un crédit pour sa future maison, où on doit tondre le gazon dans la semaine, où on doit aller chercher les gosses à la sortie de l'école, où on postule pour un CDI? Moi, je n'en connais aucun (sauf celui-ci...). AUCUN. Et pourquoi ça n'existe pas des jeux de rôle sur "la vraie vie". Parce que ça n'a aucun intérêt. "La vraie vie" on pratique déjà tous les jours: qui a envie de passer une soirée à interpréter un étudiant en droit la veille de ses partiels ou une mécanicienne devant changer des disques de freins? PERSONNE. Pas moi en tous cas.

Ben le sexe c'est pareil. C'est la vraie vie. Que ce soit le sexe qu'on fait, celui qu'on ne fait pas, celui qu'on aimerait faire, celui qu'on aimerait ne pas faire, c'est toujours du réel. 

Et moi le réel je n'en veux pas dans mes parties de JdR. J'ai envie de m'évader, de me vider l'esprit — que l'esprit, oui (arf arf) —, de vivre et faire vivre des histoires incroyables dans des univers fabuleux. Les thématiques des jeux auxquels je joue sont totalement étrangères à mon quotidien. Et ça me va très bien! J'en veux d'autant moins que c'est réel ET intime. Et je n'ai pas du tout envie de partager avec mes ami·es rôlistes quelque chose qui touche à mon intimité. Une scène explicite de sexe me touche directement et je n'ai pas envie d'être "touché" en jouant. Dit autrement: je joue pour me détendre, pas pour me tendre. Amis de la subtilité, bonsoir.

Et je crois bien que mon ressenti est partagé par nombre de camarades rôlistes.

Après ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Il y a quand-même du sexe (implicite) dans le jeu de rôle, y compris dans mes parties. De la séduction, des rapports (quel mot horrible), des échanges, du désir... Mais, comme dit plus haut, c'est pour le décor. Et c'est très bien comme ça.

sexe jdr "jeu de rôle"
"Ce que je perds en protection, je le gagne en charisme."

Hum... J'ai dit un peu plus haut que je n'avais jamais vu une scène de sexe explicite dans une partie de JdR. J'ai un peu menti. J'aurais dû dire que je n'ai jamais assisté à une scène de sexe sérieuse. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose en fait... Systématiquement, lors des parties de jeu de rôle auxquelles j'ai assistées, lorsqu'il y avait une scène de sexe 1/ la scène n'était jamais vraiment décrite et 2/ les joueurs/joueuses (et le/la MJ) racontaient des conneries. Systématiquement. Comme si ces scènes étaient là pour faire rire. Et le rire ça sert à quoi? Le rire sert, selon moi, à soulager du quotidien (du réel) momentanément en produisant un décalage (bienvenu). Donc, dans mon expérience de rôliste, dès qu'il y a une scène de sexe, tout le monde fait un petit pas de côté: on rigole mais, en réalité, on détourne pudiquement le regard. 

Et Rifts? S'agit-il d'un jeu particulièrement sexué? Sans plus. Il y a bien les trois Guerrières aveugles d'Altara en monokini MDC sur la couverture du premier bouquin mais c'est l'arbre qui cache le désert. Mon jeu de rôle préféré est beaucoup plus réservé sur le sujet qu'un Bloodlust ou un Vampire : la Masquerade, qui ne sont pas des parangons de l'érotisme le plus torride non plus.

Ben oui, Rifts est assez prude. Ne cherchez pas des relations consenties dans le background ou les (esquisses de) scénarios: il n'y en a pas. Ne cherchez pas des relations non consenties: il n'y en a pas non plus. La Terre des Rifts a beau être envahie par les hordes monstrueuses, vampiriques, démoniaques et indicibles. Celles-ci ont la libido d'un panda en décembre, proche de zéro. Y a du monde pour tout pouiller, détruire, ravager, dévorer, torturer, brûler, stériliser, génocider, polluer, réfrigérer, noyer, charcuter et j'en passe. Mais, dès qu'il s'agit de violer ou juste faire des trucs qui pourraient paraître coquin dans HellraiserZombie Strippers! ou Re-Animator, là il n'y a plus personne. Même pas un petit bisou infernal, nada. Dans Rifts, les méchants extra-dimensionnels n'ont ni pénis ni vagin. Ou si ils en ont, ils n'ont pas jugé utile de s'en servir ou de s'en vanter. À l'exception, peut-être, des succubes de Hadès dans Rifts Dimension Book 10: Hades - Pits of Hell mais même ces dernières m'ont l'air plus branchées "boucherie" qu'échange de fluides.

Mais il faut prendre le problème à la source: le sexe sert aussi à se reproduire. Là où quantité de jeux de rôle et de fictions nous proposent des "sang-mêlés" d'humains et de trucs-pas-humains — demi-vampires, demi-démons, demi-Profonds... —, Rifts s'interdit ce genre de relation, consentie ou pas. Les êtres vivants ne peuvent avoir de progéniture avec les créatures magiques et surnaturelles. À l'exception notable — plus probante que celle des succubes hadesiennes — des divinités qui, quant à elles, peuvent copuler et se reproduire avec les bêtes mortels (Rifts Conversion Book 2: Pantheons of the Megaverse). L'exemple des Olympiens certainement...

Et pour conclure ce post dans la joie et la bonne humeur, je suis obligé de mentionner le très boiteux CthulhuTech qui propose aux PJ "Souillés par l'Étrange" d'avoir, entre autres appendices, rien de moins que des "organes génitaux tentaculaires" ("hentai genitalia" — j'adore — en VO)! Alors peut-être que les scènes de sexe ne sont pas décrites par des rôlistes pudibonds mais ça n'empêche en rien d'en rire et d'imaginer. Elle est pas belle la vie?

sexe jdr "jeu de rôle"
"Tu as raté ton jet d'Esquive ?" "Oui. Mais je l'ai fait exprès."
Tag(s) : #JOUER, #FAN SERVICE, #SOCIÉTÉ
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