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C'est la magie qui fait Rifts. Dans le sens où c'est l'irruption de celle-ci dans un monde futuriste hyper-technologique qui va amener les éléments horrifiques, post-apo, fantasy et autres qui vont faire de Rifts ce qu'il est: un jeu de rôle multi-genres. Et ça me va. J'aime la magie pour tout ce qu'elle permet en termes d'histoires à inventer et à faire jouer. J'aime les monstres magiques, les pièges magiques, les objets magiques, les enchantement magiques... Mais j'ai un peu plus de mal avec les magiciens.

Le Ley Line Walker fait partie des classes de perso emblématiques de Rifts et je ne vous en jamais parlé: zéro post actuellement concernant cette O.C.C.. Il y a comme un problème...

Les magos m'ennuient. Régulièrement. En tant que rôliste, ça n'a jamais été ma tasse de thé. Comme joueur, je leur préfère largement les guerriers, les érudits, les artistes et les filous. Jouer un mago, ça implique de connaître les règles relatives à la magie et comme je n'aime pas trop les règles... Comme meneur, c'est que des soucis! Là encore, il y a ces satanées règles en plus pour gérer les pouvoirs des magos sans que ça apporte grand chose à l'histoire. Et c'est là mon principal souci: je ne trouve pas les magiciens de jeux de rôle intéressants. À cause des systèmes de jeu, très souvent (y compris celui de Rifts!). À cause de la façon dont les rôlistes abordent ce type de personnage, tout autant.

Puis je viens de découvrir ce post, de Ian McHugh, sur Elbakin. Et j'ai adoré!

Si la thèse du monsieur est susceptible de hérisser le poil de certain·es, moi ça me parle. D’autant plus que ses développements et sa conclusion sont tout à fait susceptibles de nourrir ma pratique de MJ. Ian McHugh parle de livres et de films mais il parle surtout de narration, d'écriture et d'élaboration de personnages. En conséquence, son propos concerne directement le jeu de rôle.

Lisez et dites moi ce que vous en pensez.

Sorcier. Illustration de ladynlmda.

Les magiciens : le vrai problème quand on écrit de la Fantasy

Par Ian McHugh

Cet essai devait à l'origine être une revue de The Mammoth Book of Sorcerer's Tales, édité par Mike Ashley, et publié fin 2004. Cette addition récente aux rangs serrés des Mammoth Books comprend des histoires d'écrivains contemporains (dont certains de mes préférés) de la stature d'Ursula Le Guin, Tom Holt et Mike Resnick, à côté de curiosités historiques et de raretés comme L'ombre double de Clark Ashton Smith et Le songe du comte Aubec de Michael Moorcock. Je pensais que ce devrait être une lecture intéressante. Mais je n'ai pas pu le finir. Je me suis forcé pour atteindre les deux tiers des histoires et j'ai survolé le reste, espérant vainement que quelque chose susciterait mon intérêt. Que dalle. 

Zéro.

Comme recueil, c'était, en un mot, ennuyeux. Après plusieurs mois de débat intérieur et quelques recherches très rudimentaires, J'en ai conclu qu'il y avait deux raisons possibles à cela. D'un côté, ce pouvait être qu'en ce qui concerne les fictions de fantasy, mes goûts ne correspondaient pas à ceux de M. Ashley. Sinon, cela pouvait venir du fait que les sorciers et les magiciens, par nature, sont juste totalement sans intérêt.

Je me suis rangé à la deuxième explication en raison du fait que : (a) c'est beaucoup plus susceptible de provoquer une réaction violente des Potterphiles enragés, (b) ça pourrait expliquer ce qui cloche réellement avec une grande partie du courant principal de la fantasy aujourd'hui, (c) la première raison n'est pas suffisante pour faire un essai.

Ce pourrait-il que ce qui n'aille pas dans l'écriture de la fantasy aujourd'hui ne soit pas un déclin des standards éditoriaux de la plupart des principales maisons d'édition, ou les impératifs commerciaux qui mesurent la qualité d'un livre à l'épaisseur de sa tranche et à son potentiel pour faire des suites sans fin? Pourrait-ce être quelque chose de plus insidieux? Contenu depuis le début dans les classiques du genre, dont les séries épiques actuelles en vingt volumes ne sont que de pâles et prolixes imitations?

Image extraite des "Contes de Terremer".

Ce simple principe (magicien = ennuyeux) pourrait-il expliquer pourquoi, bien que je sois impressionné par chaque mot de science-fiction écrit par Ursula Le Guin, j'ai baillé tout le long de la trilogie de Terremer? (pas quadrilogie - je n'ai jamais pu me résoudre à lire le quatrième tome). Est-ce que ce pourrait être la raison pour laquelle j'ai survolé toutes les parties avec Pug dans Magicien, le premier ouvrage de fantasy épique que j'ai lu, anxieux de revenir à Tomas et Arutha et tous les mecs virils plongés jusqu'aux coudes dans la crasse et le sang? Ce pourrait-il que ce soit la véritable raison pour laquelle, après toute une vie de fandom, commencée en voyant le premier opus originel avec mon père quand j'avais cinq ans, j'ai trouvé les préquelles de Star Wars si profondément décevantes?

"POUR L'AMOUR DE DIEU ! RESSAISIS-TOI!" entends-je me hurler les fans-encore-plus-irréductibles-que-moi. "Pourquoi, par Coruscant, parles-tu de Star Wars au milieu d'une discussion sur la High Fantasy? Star Wars est de la science-fiction, disent-ils. L'original, l'ultime, l'apogée du space opera."

Foutaises.

L'univers d'Alliance-Union de C.J. Cherryh est un space opera. Star Wars est de la high fantasy travestie avec de la technologie.

Brochette de Jedis morts. Photo extraite d'un quelconque épisode de "Star Wars".

Les épisodes I et II pourraient-ils être médiocres non pas parce que George Lucas a une direction d'acteur à ch... (comme un critique australien l'a affirmé de façon si colorée) mais par ce qu'ils sont pleins de Jedis? Et les Jedis, laissez-moi vous le rappeler de peur que vous ne m'accusiez d'amertume auto-indulgente en tant qu'ex-fan mécontent, sont des magiciens. Il n'y a rien de science-fictionnel dans la Force, les amis, malgré l'effort tardif pour soutenir la bafouille technologique dans l'Episode I. (Bon sang, il a un grand potentiel pour maîtriser la Force en lui - qui s'inquiète de son taux de chlorine de moustique?) Je soutiens que les Épisodes IV à VI étaient amusants parce qu'ils montraient uniquement trois Jedis et que ceux présents étaient distrayants et séduisants pour chaque aspect de leur personnage autre que le fait qu'ils étaient des magiciens. Yoda est marrant parce qu'il est petit et mignon, et qu'il prononce les mots dans le désordre. En plus, il a le poing d'un marionnettiste dans les fesses et ça donnerait à n'importe qui une démarche élastique. Luke était intéressant précisément parce qu'il n'était pas un Jedi jusqu'à l'épisode VI, moment à partir duquel il souffre instantanément d'une perte de charisme brutale et absolue.

Coïncidence? Je ne pense pas.

Et Obi Wan Kenobi n'est pas le plus cool retraité jamais vu à mener un groupe de rebelles pour secourir la princesse et sauver la galaxie parce qu'il est Obi Wan Kenobi. Il était cool parce que c'était Sir Alec Guinness. Aussitôt qu'Ewan MacGregor (qui, acteur aussi compétent soit-il, n'est pas Sir Alec) reprend le rôle, est révélé l'étroit costume qu'il est réellement.

La "jeune" sorcière (Sarah Stephens) dans "The Witch". Miam.

Mais pourquoi les magiciens sont-ils si peu engageants?

Premièrement : le sexe. Ou plutôt, sa notable absence. Et ouais, je sais, un nombre incalculable d'auteurs déblatèrent sur les pouvoirs magiques plus forts que le sexe bla bla bla. Mais sérieusement : le sexe est une grande partie de ce qui fait de nous les super-primates tribaux, agressifs, manquant de discernement et égoïstes que nous sommes. Sans sexe, les magiciens sont juste de supérieurs crétins faiseurs de miracle.

Combien de crétins, je vous le demande, ne veulent pas voir leurs héros s'en payer une tranche?

Et, ne nous le cachons pas, si vous lisez cet essai (laissons de côté l'écrire), vous en êtes un. Certains écrivains essaient de procurer à leur magicien un intérêt à l'amour — Pug se fait mettre la corde au cou, HP se dérouille un peu les amygdales entre les matchs de Quidditch — mais, en fait, pendant que les personnages font cela machinalement, on peut dire que leur cœur de sorcier n'y est pas. Ils préféreraient être enfermés dans leurs chambres à jouer avec leur baguette magique.

Non pas que je pense que les magiciens devraient être plus macho, nécessairement. Un magicien homosexuel essayant de se débrouiller dans un monde de fantasy mené par l'idéologie sexuelle de Conan le Barbare (moi tue homme, viole chevaux, entend pleurs de femme, etc.) pourrait, par exemple, être un personnage qui mériterait la lecture. Non c'est l'absence d'un quelconque genre chez la plupart des magiciens qui est démoralisant. On reste avec le vague sentiment que sous leurs robes (pour s'approprier une citation de Kevin Smith) ils sont aussi équipés anatomiquement qu'une poupée Ken. Ou (encore une fois, merci M. Smith) qu'un ange.

Ce qui m'amène à la seconde raison. Les magiciens font rarement des personnages intéressants et sympathiques parce qu'ils sont trop parfaits. Comme des elfes à barbe. Trop souvent, les magiciens sont les Basil Exposition (NDT: personnage des films Austin Power) du genre Fantasy, pantins à peine translucides pour l'auteur de l'histoire. Ils savent tout ce qui se trame, mais ne distribuent les informations aux autres personnages que lorsque l'auteur veut informer le lecteur. ils ont un sort prêt à servir pour chaque situation - ce qui est amusant un moment, mais diminue l'intérêt aussi vite que lorsqu'on a tous les codes de la dernière aventure sur Nintendo. En conséquence si le magicien vient à mourir, c'est évidemment beaucoup plus un point commode de l'histoire qu'un véritable drame humain.

Troisième raison: les noms. Alors que les guerriers sont baptisés de noms comme Conan, Arutha ou Rhodry Maelwaedd, Eddard Stark ou Aragorn-fils-d-Arathorn, les magiciens se coltinent des accroches comme Gandalf et Pug, Nevyn, Ged et Dumbledore. La crédibilité? Ha!

Le Warlock (Julian Sands) dans... ben, "Warlock".

Identification du lecteur? Je ne pense pas.

On pourrait tout aussi bien les appeler tous Slartibartfast et terminé. Seuls les hobbits et les nains sont expédiés avec moins de ménagements (boum boum) dans le domaine des noms.

Les choses se passent souvent un peu mieux pour les mauvais sorciers: Saroumane. Sauron. Voldemort. Thulsa Doom.

Le Roi Sorcier d'Angmar, Seigneur des Nazgul.

Ça vous donne le frisson, non? Mais ce n'est pas toujours le cas: Comte Dooku, quelqu'un? Pour des méchants, Oin et Gloin seraient des noms beaucoup plus percutants (NDT: le terme exact employé est beaucoup plus cru...) que Dooku. JarJar Binks serait plus crédible... OK, peut-être pas.

On pourrait être tenté d'argumenter qu'être méchant en soi donne un certain intérêt à un personnage de magicien. Etre mort-vivant et maléfique est encore mieux. Qui, après tout, sont les plus grands vilains de High Fantasy? Sauron? Voldemort? Le précédemment mentionné Roi Sorcier d'etc.? Au contraire (NDT: En français dans le texte). Ce sont tout juste des personnages. Comme beaucoup de leurs homologues du Bien, ils ne sont guère plus (sinon rien) que des repères dans l'histoire pour un ordre moral manichéen et simpliste. Guère originaux. Ou excitant.

(Et ne me lancez pas sur cette fastidieuse affaire de magiciens maléfiques plaçant leur pouvoir dans un artefact qui est (a) facilement égaré (b) connu du Bon Magicien qui sait également comment le détruire ou le retourner contre son propriétaire)

Ça m'est arrivé il y a deux semaines avec un exemple, dont je ne desservirais pas les auteurs en donnant le nom, d'autant que c'est leur premier roman. L'histoire de fantasy d'un jeune-paysan-qui-découvre-qu'il-est-l'élu-et-sauve-le-monde se déroule agréablement pendant les deux premiers tiers du premier volume. Elle offrait quelques déviations distrayantes par rapport à la norme, telle que l'être élu décrit comme un habitant acariâtre du Yorkshire. Il y avait quelques jolies interactions entre les personnages principaux, avec une pincée d'intrigue politique.

Saroumane (Christopher Lee) dans "Les Deux Tours".

Alors, le méchant sorcier se pointe. Baillement.

Pour exagérer encore le trait: quel personnage maléfique a la plus grande profondeur, la plus large palette d'émotion, la plus grande capacité à séduire le lecteur ou le spectateur? Gollum? Grima Langue de Serpent? Ou un œil géant de flammes perché au faite d'un grand symbole phallique irréalisable ? Les méchants remarquables de la fantasy ne sont pas les Seigneurs Noirs du Mal à une dimension, ce sont les acolytes tourmentés, les petits coupe-jarrets mesquins, vénaux et vicieux. Pour faire court : ceux qui sont faillibles et ceux qui sont tombés: les Gollum et les Grima.

D'accord, si être méchant (ou méchant et mort-vivant) n'est pas suffisant pour rendre un magicien intéressant, qu'est-ce-qui l'est?

Je suggère que l'incompétence est une bonne voie à explorer.

Pour moi, la seule histoire séduisante du précédemment cité Mammoth Book était celle de Tom Holt : The Infestation, dans laquelle un magicien raté lessivé est confronté à un démon qui veut dévorer sa cité. Le magicien est trop humain, sa victoire très incertaine. Le lecteur est pris par le combat parce qu'il semble authentique.

Gandalf fournit un autre bon exemple. Lorsqu'il est Gandalf le Gris, on a la forte impression qu'il est un peu cafouilleur, peut-être un rien sénile. Un peu trop amateur de l'herbe à pipe des Hobbits, pourrait-on dire. Ainsi, quand il se dresse devant le Balrog, on est a moitié convaincu qu'il est réellement surpassé au point que c'en est un suicide. Bien sûr la qualité d'élocution fait beaucoup, avec ce moment glorieux de victoire apparente, avant que la bête n'entraîne Gandalf dans le gouffre avec lui. "Fuyez, pauvres fous!" Parfait. Aussi percutant qu'un coup de marteau sur la tête. Mais ensuite il réapparaît comme Gandalf le Blanc. Plus de sénilité, plus de cafouillage. Soudain, il est écouté tout le long jusqu'à la fin de la troisième partie et se fait l'interprète de J.R.R. comme le Prophète écrivant sous la dictée de Dieu. Soudain, il vrombit de puissance (laquelle, bien sûr, il n'utilise guère, sauf aux instant nécessaires à l'intrigue.). Soudain, il n'est plus aussi amusant.

Illustration de Josh Kirby.

Mais l'incompétence seule est-elle suffisante? Rincevent, personnage de Terry Pratchett, est l'archétype ultime de magicien incompétent. Mais est-ce réellement une figure intéressante? Ou présente-t-il seulement un intérêt parce qu'il traîne avec un orang-outan, un bagage meurtrier ou un barbare hors d'âge qui vit dans sa propre légende?

Glen Cook, dans ces romans de La Compagnie Noire, est l'un des auteurs qui a découvert la recette secrète pour créer des magiciens intéressants. Comment? Et bien, pour Cook, les étiquettes comme bien ou mal sont juste nominales. Quelque soit le côté auquel ils appartiennent, ces magiciens sont petits, vénaux, vicieux, lâche et relativement incompétent. Beaucoup d'entre eux, s'ils ne sont pas effectivement des morts-vivants, sont au moins revenus d'entre les morts. Ils ont des noms de fouteurs de m.... comme Volesprit, Croquelune, Hurleur ou le Pendu. Ils ressentent des jalousies humaines, ont des rivalités humaines, et des instants de fragilité humaine. Ils se font sauter (NDT: désolé maman...), se font plaquer et ils laissent leurs amants enterrés vivants pour l'éternité. Ils sont tous faillibles.

Photo extraite du film "Le Dernier Chasseur de sorcières".

Et l'ingrédient vital et définitif? Ils sont sérieusement bizarres, l'ami.

L'un prononce chaque phrase avec une voix différente et passe plusieurs années à transporter sa tête dans une boîte. Un autre se trouve être un loup-garou nain qui vit dans un tas de haillons sur un tapis volant. Un troisième est à proprement parlé un pendu, livré avec le cou étendu et le visage bouffi. Un quatrième est taillé en pièces, dévoré par la magie et en plus assassiné tant de fois qu'il en est réduit chez les maléfiques-sorciers-morts-vivants à l'équivalent de Boxing Helena. Moment à partir duquel il amène des autochtones crédules à l'habiller comme l'Épouvantail et commence réellement à botter quelques fesses. Mais même la méthode Cook n'est pas nécessairement suffisante. Steven Eriksson l'a appliquée plutôt fidèlement dans ses livres "mazaléens", sans réussir à rendre ses magiciens intéressants. (Peut-être est-ce parce que si vous utilisez, non pas seulement le premier, mais les deux premiers volumes de 4 cm d'épaisseur de votre histoire épique sans fin pour installer votre monde, vous devriez être capable de consacrer un peu de temps qualitatif au développement des caractères) Et pour qu'on ne l'accuse pas de verbosité, Cook lui-même tombe dans le piège de la construction de personnage à coup de feuille de statistiques pour jeu de rôle dans sa série Dread Empire. Alors, y-a-t-il une Recette pour créer un Magicien Intéressant ? Je pense que oui. Et la voici:

  1. Qu'ils ne parlent pas avec la voix de Dieu.
  2. Qu'ils soient humains.
  3. Qu'ils soient bizarres.
  4. Qu'ils soient incompétents.
  5. Qu'ils ne soient pas créés à partir d'une feuille statistique.
  6. Qu'ils soient réalistes anatomiquement parlant et apprécient réellement le sexe.
  7. Au moins réfléchir sur le fait d'en faire des morts-vivants.
  8. Qu'ils aient des noms qui ne seraient pas déplacés dans la WWE. (NDT: Ligue de Catch US).
    "Ce soir, je peux pas: j'ai sabbat." Image animée extraite de "The Witch". Avec le dos et les fesses de Anya Taylor-Joy.
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