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Je suis tombé, un peu par hasard, sur ces illustrations de Stefan Koidl: A Chernobyl Horror Story (1 et 2). Elles m'ont de suite fait penser à Chroniques de Tchernobyl, un nanar américain de 2012 dont je n'avais vu qu'une bande-annonce jusqu'ici. Ni une ni deux, je me suis maté le film en entier (et en VF). Ça n'est pas du grand cinéma mais ça se laisse regarder sans déplaisir, l'originalité du thème compensant en partie la réalisation archi-convenue.

Le pitch: trois touristes américains, Chris, Natalie et Amanda, en train de se faire leur gros trip européen, rejoignent le grand frère de Chris, Paul, installé à Kiev. Celui-ci les entraîne dans une excursion à Prypiat, une ville située à trois kilomètres seulement de la centrale nucléaire de Tchernobyl et totalement abandonnée par ses 50 000 habitants depuis la catastrophe de 1986. Nos quatre aventuriers de l'extrême s'y rendent en camionnette, accompagnés par leur guide ukrainien, Yuri, et un autre couple de voyageurs, Michael, un australien, et Zoe, une norvégienne.

Bien évidemment, l'excursion ne se passe pas du tout comme prévu. Les gardes de la zone ayant refusé de les laisser entrer dans Prypiat, la petite troupe rejoint la cité fantôme par des chemins forestiers. Pendant leur balade, en camionnette puis à pied, dans la ville, les visiteurs découvrent des poissons mutants, un chien mort et un ours brun bien vivant! Yuri, le guide, coupe court à la visite et ramène tout le monde au véhicule. Las, les câbles du démarreur ont été sabotés...

N'arrivant pas à joindre le monde extérieur, le groupe est coincé dans le véhicule immobilisé et est contraint de passer la nuit dans Prypiat. Amanda découvre des formes étranges derrière une vitre sur l'une des photos qu'elle a prise dans la journée. Des bruits se font entendre dans la nuit et Yuri et Chris décident d'aller voir... Je vous épargne la suite mais vous vous doutez que tout ça va très mal se finir pour nos touristes et leur guide.

Prypiat est habité par des mutants irradiés sociopathes (et anthropophages à priori) qui vont avoir à cœur de ne laisser repartir personne. Ajoutez-y des meutes de chiens sauvages, des poissons mutants carnassiers, des radiations qui grimpent en flèche et des soldats ukrainiens peu aidants et vous obtenez un sympathique cocktail horrifique, simple mais goûtu.

Tchernobyl constitue en soi un thème horrifique facilement recyclable dans RIFTS. La Russie de la Terre des Rifts permet de jouer sur des registres extrêmement diversifiés. Vous pouvez vous la jouer guerre civile russe, avec la lutte entre les Tsars et les Sovietskis (Rifts World Book 17: Warlors of Russia et Rifts World Book 36: Sovietski). Ou lui préférer la Grande Guerre patriotique, avec l'invasion des Brodkils et de Mindwerks, nos nazis du Futur (RWB 36 et Rifts Sourcebook 3: Mindwerks). Vous pouvez la faire plus mystique avec Baba Yaga, les divinités slaves et tout le bestiaire mythologique russe (Rifts World Book 18: Mystic Russia). Ou privilégier les hordes tartares, les grands espaces et l'aventure façon Michel StrogoffVous pouvez faire du Hellboy - L'Appel des ténèbres, du First Squad, du Alexandre Nevski, du Corto Maltese en Sibérie, du Metro 2033... Et vous pouvez même mélanger tout ça parce que c'est RIFTS. Vraiment, la Russie recèle un très gros potentiel imaginaire, à peine ébauché dans les trois ouvrages de la gamme qui lui sont consacrés. S-F, fantasy, action, polar, aventure, pseudo-historique, horreur... Vous pouvez tout faire, les possibilités étant aussi vastes que le pays.

Et puis vous pouvez faire du (post-)post-apo aussi. La Russie de RIFTS est pleine de zones dangereuses où les humains n'ont pas pu se réinstaller (les Dead Zones de RWB 36: Sovietski): zones toxiques, irradiées, magiques, perpétuellement gelées ou brûlées... Et ça correspond bien à tout un pan du genre que l'on associe à ce pays. (Stalker d'Andreï Tarkovski?).

Car, dans notre imaginaire, on associe facilement l'ex-URSS avec la pollution nucléaire. En 2386, cela fait quatre siècles que la zone autour de la centrale de Tchernobyl est abandonnée. Mais, parmi les territoires irradiés, il faut aussi compter les installations, militaires et civiles, dégradées et les zones d'enfouissement de déchets (si ils ont été enfouis...). Depuis, d'autres accidents nucléaires sont survenus lors du Grand Cataclysme, et après, laissant de larges parties de la Russie irradiées. Plus les régions devenues  inhabitables à la suite d'accidents industriels, chimiques ou bactériologiques et l'on se rend compte que de vastes espaces russes sont en réalité profondément toxiques. C'est vrai aussi pour d'autres parties de la Terre des Rifts (une petite pensée pour la France et son parc nucléaire...) mais, dans une perspective imaginaire, le principe même de la Deadzone est très russe.

Mais ces "zones mortes" ne sont pas désertes. Loin de là. Mettez-y des mutants vindicatifs, comme dans Chroniques de Tchernobyl. Ou des entités surnaturelles: des monstres, des fantômes, des démons... Il y a un concept de monstre que j'aime bien et qui irait pas mal pour ce genre de setting, ce sont les "esprits toxiques" de Shadowrun et de Werewolf: the Apocalypse (et d'autres JdR?). Des entités maléfiques nées de la pollution du lieu qu'elles hantent. RIFTS est plein d'Esprits de la Terre, de l'Eau, du Feu, de l'Air (les Élémentaires; Rifts Conversion Book One), de la Lumière (des Anges; Rifts Conversion Book One) et des Ténèbres (les Démons dans mon RIFTS à moi; Rifts Dimension Book 10: Hades - Pits of Hell, Rifts DimensionBook 11: Dyval - Hell Unleashed et Rifts Dark Conversions). Pourquoi ne pas imaginer alors des Esprits toxiques ? Des Esprits toxiques qui, bien évidemment, seront associées aux Ténèbres. Les deux jeux sus-cités, Shadowrun et de Werewolf: the Apocalypse, devraient fournir plein idées, et d'illustrations, pour ce faire.

Mais c'est bien sûr! Et si on peuplait certaines zones mortes russes, irradiées ou pas, avec les deux options: des mutants sociopathes anthropophages ET des Esprits toxiques (des démons donc). Les premiers voueront un culte, forcément innommable et indicible, aux seconds. Le scénario type est tout trouvé: on demande aux PJ d'aller chercher un objet ou une personne dans une zone morte, en leur disant que c'est "sans risque". Ça aura d'autant plus de gueule si la zone morte en question s'appelle Tchernobyl.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #RIFTS: VIGNETTE, #EUROPE, #RUSSIA, #STEFAN KOIDL ART, #SOVIETSKI, #CINÉMA
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