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Je vous ai déjà refilé des dessins du très bon Enrico Marini dans ce post, post qui m'avait été inspiré en partie par son excellente série Les Aigles de Rome. Aujourd'hui, je vais vous parler de Gipsy, l'une de ses premières séries, avec Thierry Smolderen au scénario. Je vous en cause car Dargaud vient de ressortir une intégrale comprenant les six volumes des aventures du Rom le plus teigneux de la C3C. Dans Gipsy, on suit les aventures de Tsagoï, un "Gipsy" donc, routier gueulard, queutard et au coup de boule facile, dans un XXIe uchronique — mais lorsque la série a débuté, en 1993, c'était encore de l'Anticipation! — où les bouleversements climatiques ont plongé l'hémisphère nord dans un nouvel âge glaciaire, agrandi le trou dans la couche d'ozone dans l'hémisphère sud et mis fin aux transports aériens.

L'échangeur de Zhigansk.

C'est de la très très bonne came bédéistique. Notamment les trois premiers volumes qui constituent une mini-série dans la série. Les trois volumes suivants sont des one-shots, même si on y retrouve des personnages familiers (Oblivia, la Sorcière...) et une pseudo-intrigue faisant office de fil rouge (une secte occulte cherche à dominer le monde, je crois...).

J'adore le dessin de Marini, vraiment, et, si il n'y avait que ça, j'aime tout dans Gipsy: les personnages, le scénario, les dialogues, les couleurs... Même le découpage! Tiens, en parlant des couleurs, chaque tome de Gipsy a des couleurs et des teintes spécifiques, qui le différencient des autres tomes. Ce qui donne à chaque volume une identité visuelle assez forte, d'autant plus que Marini attache une grande importance à cet aspect de son travail (les couleurs, suivez un peu!). 

Ces trois premiers volumes (L'étoile du Gitan, Les feux de Sibérie et Le jour du Tsar) racontent les retrouvailles compliquées de Tsagoï et de sa "petite" sœur, Oblivia, entre Port Radium, au Canada, et Zhigansk, en Sibérie, avec un détour par l'océan arctique. Au cour du voyage, Tsagoï a affaire à une mégacorpo, des pillards mongols motorisés, des néo-tsaristes, une secte occulte d'apprenti•es maîtres·ses du monde... Et j'en oublie.

En plus de vous inciter à (re)lire cette excellente BD, je serais bien tenté de piquer quelques éléments à ces trois premiers volumes pour Rifts... La gamme de mon JdR préféré ne dit rien, ou si peu, de la Sibérie et de ce qu'elle est devenue à la fin du XXIVe siècle. Et pourtant la Russie de Rifts bénéficie, à elle seule, de trois suppléments plutôt épais: Warlords of Russia, Mystic Russia et Sovietski. Mais il s'agit de la seule Russie d'Europe; et ces trois suppléments restent muets sur ce qui peut bien se passer à l'est de l'Oural. 

Il y a un monde entre l'univers "pas tout à fait post-apo mais un peu" du Gipsy et celui, totalement transformé (atomisé), de Rifts, certes, mais je piquerai bien au premier pour mettre dans le second:

  • Les autoroutes géantes avec camions auto-pilotées.

Sauf que, dans Rifts, ces autoroutes resteront cantonnées aux seuls territoires de la Coalition et de la NDR. La Terre des Rifts est beaucoup trop hostile, barbare, dangereuse, pour accueillir un réseau autoroutier planétaire.

  • Des pillards mongols (motorisés).

Que devient la Mongolie dans Rifts? Aucune idée. Mais rien ne nous empêche d'imaginer une nouvelle Horde, la technologie et/ou la magie en plus.

  • Des mammouths reconstitués génétiquement (façon Jurassic Park). Ou tout autre animal préhistorique à poil long.

 Dans Les feux de Sibérie, un campement mongol est attaqué par des mammouths. Les pillards n'auraient pas dû installer leur bivouac dans un antique "paléo-parc"... Ça n'est pas la première fois que j'évoque le sujet ici puisque le Bourbonnais de Rifts est, lui-aussi, envahi, de paléo-bestiaux poilus (et de dinosaures aussi).

  • Des néo-tsaristes "traditionnalistes".

Dans mon Rifts à moi, tous les Seigneurs de la Guerre russes sont "tsaristes"! Toutes et tous revendiquent le titre et se rêvent en empereur·impératrice de toutes les Russies. Mais on peut tout à fait imaginer que, en Sibérie, aspire à régner un·e huitième tsar·ine plus adepte de mystique néo-orthodoxe que de bionique et cybernétique. Des popes magos c'est cool aussi (mais il doit déjà y avoir ça dans RWB18: Mystic Russia me semble-t-il...).

  • L'échangeur de Zhigansk.

Ah... L'échangeur de Zhigansk... Je n'ai malheureusement pas trouvé sur l'intertoile d'illustration qui me satisfasse de cette place-forte autoroutière qui tient un rôle de premier plan dans les volumes 2 et 3 de Gipsy (et je n'ai pas de scan). Contentez vous de la capture d'écran un peu plus haut, à défaut. Et de l'illustration qui clôt cet article. J'adore le design de cette bâtisse, mélange de moderne, d'ancien et de S-F. Je l'aime tellement que je le refourguerai bien volontiers dans un morceau de background ou un scénario... En Sibérie ou ailleurs.

Il y a peut-être d'autres éléments à glaner dans les trois derniers volumes mais, aujourd’hui, "c'est Sibérie". Commencez déjà par tout (re)lire. En espérant que vous y trouverez le même plaisir que moi.

да здравствует царь!

L'échangeur de Zhigansk, encore. J'adore.
Tag(s) : #MARINI ART, #ASIE, #RUSSIA, #SIBÉRIE, #BD, #RIFTS UNIVERS MAISON

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