Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

London-Splynn à la sauce steampunk? Il faudra juste effacer le relief en arrière-plan, , bien peu conforme à la géographie locale. Illustration de Jiri Horacek.

Je suis en train d'achever la lecture de Perdido Street Station de China Miéville. Quel univers! Le mélange des références fantasy, steampunk, S-F et autres, qui donnent toute sa saveur à Nouvelle-Crobuzon, la cité-état ou prend place l'action de Perdido Street Station, réjouit mon petit cœur de MJ. en tant que lecteur, j'ai eu un peu plus de mal. Si j'ai dévoré la première partie du roman, j'ai plus peiné sur la fin, quand Isaac Dan der Grimnebulin (le "héros") et ses comparses cherchent à sauver la ville des... Hé, lisez le livre plutôt. Et faites vous votre avis. Je vous cite la quatrième de couverture de la version Pocket:

"Nouvelle-Crobuzon: une métropole tentaculaire et exubérante, au cœur d'un monde insensé. Humains et hybrides mécaniques y côtoient les créatures les plus exotiques à l'ombre des cheminées d'usine et des fonderies. Depuis plus de mille ans, le Parlement et son impitoyable milice règnent sur une population de travailleurs et d'artistes, d'espions, de magiciens, de dealers et de prostituées.

Couverture de Julien Delval.

Mais soudain un étranger, un homme-oiseau, arrive en ville avec une bourse pleine d'or et un rêve inaccessible: retrouver ses ailes. Isaac Dan der Grimnebulin, savant fou et génial, accepte de l'aider. Mais ses recherches vont le conduire à libérer une abomination sur la ville tout entière..."

Nouvelle-Crobuzon me fait penser à Londres ou Paris pendant la révolution industrielle. La magie, les monstres, les non-humains et la technologie rétro-futuriste en plus. Oui, ça fait beaucoup de choses en plus. Plus spécifiquement — nous sommes là pour parler de Rifts, non? — Nouvelle-Crobuzon me fait penser à London-Splynn, l'avant-poste atlante construit sur les ruines de Londres.

Dans Rifts, London-Splynn n'est pas vraiment une ville, plutôt une sorte de comptoir colonial, de base esclavagiste... Comptez 7300 résidents vers 103 PA (2389 après J.-C.), des Laquais — ou Suppôts, je ne sais jamais comment traduire "Minions" — de Splugorth et des esclaves, essentiellement. Nous sommes bien loin des millions d'habitants de la Londres contemporaine. Je vous cite Rifts World Book 3: England (page 120): 

"Built on the bones of the once mighty city near the Thames River, is a squalid little town known as London of Splynn. As one might guess from the name, it is an outpost for the Splugorth of Atlantis. The Splugorth use the town as a base for their activities in the British Isles, France and Belgium. They use the Stonehenge complex of ley lines as the point of entry, arriving via dimensional rift. They then travel east to London of Splynn. The Minions of Splugorth see the British Isles as a place for adventure and as a wilderness preserve where they can capture exotic animals and monsters (the clamp-mouthed dragonfly, petal thing, etc.), new slave stock and gladiatorial combatants (like the Earth and Star Child, sectles, various druids, faerie folk, etc.) and a place to hunt for sport. They also attack and steal leaves, twigs and branches from Millennium Trees to make corrupted wands. (...)

London of Splynn has one large gladiatorial arena and six smaller ones, plus a slave market and pen. A large stone pyramid with a statue of a dragon standing on the point is located in the center of town. However, the pyramid is simply for show and has no magic properties."

Voilà pour le background "officiel". Dans mon Rifts à moi, j'imagine toute autre chose. J'imagine toute autre chose parce que, pour moi, Londres en tant qu'entité géographique constitue une sorte d'icône steampunk. Et j'aime le steampunk: ses histoires, ses références, ses univers, ses personnages, son iconographie... Suffisamment pour en mettre des grosses louches dans ce blog depuis qu'il existe. Et donc j'ai envie de faire de London-Splynn une cité "steampunk". LA cité steampunk de mon background à moi.

Staphra (race "esclave" des Splugorths). Illustration de Ramon Perez.

Dans mon Rifts à moi, London-Splynn est une gigantesque métropole victorienne rétro-futuriste les pieds dans l'eau. "Gigantesque" car il faut multiplier par cent ou mille les 7300 résidents de Rifts World Book 3: England. "Victorienne" car la cité cultive son esthétique passée, celle de la seconde moitié du XIXe siècle précisément. Une esthétique victorienne totalement fantasmée bien sûr! "Rétro-futuriste" car, sous l'esthétique victorienne, les technologie et techno-magie (la bio-sorcellerie notamment) splugorths donnent à l'ancienne capitale britannique des atours futuristes et science-fictionnels. "Les pieds dans l'eau" car, avec la montée du niveau de l'océan, une grande partie de la ville est inondée par les eaux de la Mer du nord.

À partir du moment où l'on se représente London-Splynn comme une cité steampunk, le parallèle avec Nouvelle-Crobuzon m'apparaît comme pertinent. Un pouvoir autoritaire enfermé dans des citadelles imprenables, une société hautement stratifiée, une milice pour préserver les dites strates, des masses ouvrières/esclaves, des races fantastiques, des ghettos, de la magie, du smog, des usines, des ruelles et sous-sols mal fréquentés... Hormis le fait que les maîtres de Nouvelle-Crobuzon soient,  à priori, des êtres humains, tous les éléments de décor du roman de China Miéville peuvent prendre place dans une cité dominé par les Splugorths. TOUS. Autant en profiter, non?

China Miéville est britannique ET anciennement rôliste. Je le soupçonne de s'être largement inspiré du Londres victorien pour imaginer sa Nouvelle-Crobuzon. Et je ne serais pas surpris qu'il connaisse (bien) Rifts (j'en parlais déjà ici)...

Avant de conclure, j'aimerais mentionner Make Your Own New Crobuzon. Ou comment fagoter sa propre Nouvelle-Crobuzon en transformant des streums d'un quelconque Monster Manual D&D en bons citoyens d'une cité fantastique improbable. Une excellente source d'inspiration pour Rifts.

Bref, si le concept d'une Londres splugorth tentaculaire vous inspire, n'hésitez pas à aller piocher des idées dans les romans néo-crobuzoniens de China Miéville!

Une autre vision graphique de London-Splynn. Illustration de Ang Chen.
Tag(s) : #LIVRES, #CHINA MIÉVILLE, #PERDIDO STREET STATION, #EUROPE, #ENGLAND, #LONDON-SPLYNN, #JIRI HORACEK, #ANG CHEN ART, #JULIEN DELVAL ART, #RAMON PEREZ ART, #NOUVELLE-CROBUZON, #RIFTS UNIVERS MAISON, #ÎLES BRITANNIQUES

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :