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Illustration de Wayne Reynolds.

Dans un précédent article, j'évoquais les risques du métier de Shifter, que l'invocation d'entités surnaturelles n'avait rien d'une sinécure. Aujourd'hui, on va s'attarder un peu moins sur la formulation et un peu plus sur la technique.

Je prends mon exemplaire de Rifts Ultimate Edition, je me rends au chapitre consacré aux Shifters (pages 120-126) et je m'attarde sur la partie consacrée aux invocations proprement dites. Comment ça marche?

Le Shifter ouvre une Porte dimensionnelle pour contacter l'entité. S'ensuit une bataille "spirituelle" — ça fait très Runequest ça... — où le Shifter va chercher à soumettre l'entité. Celle-ci doit réussir trois jets de sauvegarde, sur cinq tentatives, contre l'Affinité du Shifter ("Mental Affinity" en VO). Si celle-ci réussit ses trois jets, à minima, elle est libre. Y compris de défoncer la gueule du Shifter. Si elle échoue, elle lui est soumise pour un temps donné. Il y a des règles sur le temps de service et sur le nombre de créatures soumises mais je mentirais si je disais qu'elles sont très intéressantes.

Bon, vous aurez compris que, une fois encore, les règles officielles ne m'intéressent guère. Passons alors à la phase "bricolage ludique maison". C'est une ébauche mais je propose ceci:

  • Au niveau 0, le Shifter connaît un nombre de rituels d'invocation égal au modificateur de son Attribut de référence. Imaginons que tel Shifter ait pour Attribut de référence "Charme démoniaque" et que celui-ci soit égal à +4, le Shifter est capable d'invoquer 4 entités différentes. Attention: je parle de la nature des entités, pas de leur nombre!
  • À chaque montée de niveau, le Shifter apprend un nouveau rituel d'invocation.
  • Indépendamment de la montée de niveau, le Shifter peut découvrir, et apprendre, de nouveaux rituels au cours de ses aventures.
  • Si le modificateur de son Attribut de référence augmente de 1, le Shifter apprend un nouveau rituel.

Mais ce qui nous intéresse vraiment c'est l'invocation, et la soumission (peut-être...) de l'entité surnaturelle. Ça donnerait ça:

  • Le Shifter et l'entité font un jet en opposition. 
  1. Le Shifter jette 1d20 + son modificateur d'Attribut (magie) + son niveau.
  2. L'entité jette 1d20 + son modificateur d'Attribut (sauvegarde) + son niveau.
Illustration de Gerald Brom.

Attention! Exceptionnellement, le MJ jette le dé pour l'entité de son côté de l'écran. Le joueur ne doit pas voir le résultat. Un MJ particulièrement pervers pourrait même demander au joueur de faire son jet... Et de ne pas regarder le résultat!

La soumission potentielle de l'entité va être indiquée par un "dé de risque" (comme dans Macchiato Monsters), marqué "∆". Dans mon Rifts à moi, le risque se matérialise sur un résultat de "1" (dans Macchiato Monsters, c'est de 1 à 3). Écrits ∆4, ∆6, ∆8, ∆10, ∆12, et ∆20, selon que l'on lance un d4, un d6, un d8, un d10, un d12, ou un d20, les dés de risque permettent de mesurer la soumission, la loyauté et l'obéissance de l'entité invoquée par le Shifter. À chaque ordre donné par le Shifter, le MJ jette le dé de risque derrière le paravent — le joueur ne doit pas voir le résultat! —. Sur un résultat de 1, le dé de risque baisse d'un cran: ∆20 devient ∆12, ∆12 devient ∆10, ∆10 devient ∆8, ∆8 devient ∆6 et ∆6 devient ∆4. Sur un jet de ∆4, si l'on obtient 1, le risque survient: la créature n'est plus soumise, elle est libre de faire ce qu'elle veut... Y compris le pire.

Maintenant que l'on a ça en tête, on compare les deux jets, celui du Shifter et celui de l'entité.

  • Si le Shifter fait un "1" naturel, l'entité est libre (y compris de massacrer le Shifter, d'essayer en tous cas). Mais l'entité peut tout à fait faire semblant d'être soumise...
  • Si l'entité fait un "1" naturel, elle est soumise ► ∆20.
  • Si le Shifter et l'entité font un "1" naturel, elle est soumise ► ∆4.
  • Si Shifter fait un "20" naturel, elle est soumise ► ∆20.
  • Si l'entité fait un "20" naturel, elle est libre.
  • Si le Shifter et l'entité font un "20" naturel, elle est soumise ► ∆4.
  • Si l'entité remporte le jet en opposition, elle est néanmoins soumise! Mais pour peu de temps ► ∆4.
  • Si le Shifter et l'entité font égalité, elle est soumise ► ∆6.
  • Si le Shifter l'emporte avec une marge de réussite de 1 à 5 ► ∆8.
  • Si le Shifter l'emporte avec une marge de réussite de 6 à 10 ► ∆10.
  • Si le Shifter l'emporte avec une marge de réussite de 11 à 15 ► ∆12.
  • Si le Shifter l'emporte avec une marge de réussite de 16 et plus ► ∆20.
Illustration de Heri-Shinato.

Comprenez bien: c'est une ébauche! Une piste de travail, une proposition... Ça n'a rien de définitif mais vous avez l'idée centrale. Avec ce système, je voudrais mettre en avant deux éléments essentiels:

Le Shifter est compétent dans son domaine. Au vu du danger à invoquer ces créatures, les avantages doivent être en proportion. Je veux dire par là que, malgré les risques, l'invocation des créatures doit présenter un intérêt certain. Sinon à quoi bon sélectionner cette OCC, franchement? Il y a, certes, une menace mais, à court terme, il dispose d'un serviteur efficace, à défaut d'être vraiment fiable... Si les ordres du Shifter sont bien formulés, la créature soumise lui obéit en tout (ou presque: ni suicide ni révélation de son vrai nom).

Il y a de la tension dans l'air. Le Shifter ne sait jamais si l'entité lui est encore soumise. Il connaît le résultat de son jet mais pas celui du MJ. Il ne sait jamais quel "∆" est associé au lien. Du coup, il doit juger au pifomètre, ou au doigt mouillé, l'emprise qu'il a sur la créature... D'autant plus que l'entité n'est pas obligée d'attaquer, ou de se barrer, dès que le lien est rompu. Elle peut attendre son heure... Et faire des choses horribles avant que le Shifter ne prenne conscience qu'il ne la contrôle plus.

Si le joueur considère que l'emprise devient ténue (► que le "∆" est à ∆4 ou s'en est dangereusement rapproché), il peut, à n'importe quel moment renvoyer l'entité dans sa Dimension d'origine.

Que dire d'autre? 

Que le Shifter n'est pas limité concernant le nombre de serviteurs. Juste que, plus il en a, plus il risque une mauvaise surprise...

Que le Shifter peut invoquer des entités dont le niveau (ou le "Challenge Rating", comme vous voulez) est égal à: son modificateur d'Attribut (magie) + son niveau. Dans l'exemple précédent du Shifter qui a pour Attribut de référence "Charme démoniaque" à +4, si notre Shifter est de niveau 4, ça donne: 4 (son modif) + 4 (son niveau) = 8. Notre Shifter peut invoquer des entités de niveau 8, maximum.

Le Shifter a d'autres pouvoirs et talents que la seule invocation d'entités surnaturelles mais c'est, pour moi, leur aspect le plus intéressant. On en reparlera certainement (des Shifters, des invocations et du reste).

Allez quand-même lire la partie qui leur est consacrée dans Rifts Ultimate Edition.

Illustration de Aaron J. Riley.

 

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