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Le titre de ce post n'est pas de moi, je l'ai piqué au numéro 7 de la revue ATOM​​​​​​, excellent magazine consacré à la BD asiatique (au manga essentiellement). 

Qui est Hiroya Oku ? C'est un mangaka japonais, scénariste et dessinateur, surtout connu pour sa série GANTZATOM lui consacrait un gros article, et une interview, à l'occasion de la sortie au Japon du premier tome de son nouveau manga : Gigant​​​​​​. Un ouvrage dont j'attends avec une certaine impatience la traduction française.

Comme le titre de ce post l'indique, Hiroya Oku fait de la science-fiction. Plus précisément, il fait de la S-F dans un environnement contemporain, avec des gros flingues et des gros nénés. Gantz, en dépit de ses nombreux défauts (grâce à eux?), est l'œuvre qui l'a fait connaître auprès du grand public, au Japon, en France et ailleurs. Gantz? Kesako? Je vous cite l'excellente critique d'Erkael dans Manga News:

"Monument du manga, titre décrié ayant presque autant de fans que de détracteurs, Gantz est une série qui a énormément fait parler d’elle!

Avec trente-sept tomes au compteur, la série s’avère riche en surprises et aura su jusqu’au bout jouer avec nos nerfs… Pour le pire parfois, mais souvent pour le meilleur !

Kei, lycéen qui n'a rien d'un héros, égoïste, plutôt lâche et égocentrique entre autres, croise un vieux camarade, Kato, sur les quais du métro qu’il feint de ne pas reconnaître ! C’est ce moment que choisit un clochard ivre pour tomber sur les rails. Kato n’écoutant que son courage va le secourir, Kei se sentant obligé d’aller l’aider se retrouve face au métro…métro qui va les déchiqueter tous deux...

Contre toute attente, ils se retrouvent téléportés dans une pièce où attendent d'autres personnes, se croyant mortes elles aussi. Une sphère noire leur explique qu'ils vont devoir participer à des chasses à l'homme contre ce qui semble être des extraterrestres... Et c’est ainsi que commence la folle histoire de Gantz, qui va amener nos héros à affronter des créatures toujours plus dangereuses, dans des situations toujours plus périlleuses, toujours plus violentes… Ils vont côtoyer la mort, la toucher même de très près…

Pour ceux qui ne connaissent pas, ce résumé doit sembler flou, mais c'est normal, c'est parce que l'histoire elle-même de Gantz l'est! Les missions ont beau s'enchaîner on ne comprend pas le sens de tout ça, ni le pourquoi de la chose. À chaque nouvelle mission, de nouveaux "morts" sont appelés par Gantz, la sphère noire, pour affronter de nouvelles créatures, l'équipe étant sans cesse renouvelée, le taux de mortalité des personnages est extrêmement élevé, c'est aussi ce qui rend ce manga surprenant, car lorsqu'on croit tenir un personnage récurrent et bien il meurt!

En effet, l’équipe de départ n’est absolument en rien comparable avec celle qu’on trouvera à la fin de la série. Peu de personnages restent très longtemps dans ce titre, même s’il y en a quelques-uns. À chaque fois qu’on pense tenir une équipe stable, celle-ci est peu à peu décimée, et très souvent de manière très violente ! Même les personnages principaux ne sont pas à l’abri de la mort ! Mais plus tard on apprendra que tout ceci ne semble être qu’un jeu, que chaque mission rapporte des points. Une fois obtenu le score de 100 points, trois choix s’offrent alors aux « Gantzers » : être libéré du jeu, obtenir une arme plus puissante ou ramener un ancien participant à la vie ! Dans ces conditions toutes les règles sont remises en cause, car la mort n’est pas forcément définitive ! À ce compte là on pourrait penser qu’elle n’a aucune importance… Et pourtant ! Rassembler 100 points n’est pas chose aisée, et le nombre de victimes est bien plus important que le nombre de gantzers obtenant les fameux 100 points…

Bref, alors qu’au départ la série s’avère être une succession de missions sanglantes où les joueurs tombent les uns après les autres, la seconde partie accorde plus d’importance à l’aspect jeu. Mais également à certains personnages qui feront une longue route dans la série.

Graphiquement, Gantz est magnifique, avec beaucoup de retouche informatique, par contre ce n'est pas un manga à mettre entre toutes les mains, c'est souvent très violent, il y a beaucoup de scènes de fesses (trop, ça casse un peu l'histoire... mais Kei est un obsédé). On apprend très vite à s'attacher à cet égoïste de Kei qui en fait ressemble beaucoup plus aux pauvres mortels torturés et se posant des questions concrètes sur leurs vies que l'habituel héros de manga maniant sabre ou shuriken et pouvant allonger ses bras...Kei c'est moi, ou bien toi qui me lis, oui toi là bas... Et si ce n'est pas Kei alors c'est Kato ou Izumi ou un autre... un être humain normal avec ses faiblesses !

C'est là tout le paradoxe de ce titre, l'auteur introduit un univers incroyablement complexe et violent dans une réalité qui n'est pas très différente de la nôtre et c'est là aussi que la critique devient violente, car ce monde réel décrit par l'auteur est presque plus violent que les missions de Gantz, il est en tout cas beaucoup plus injuste, dans l'univers des missions, que ce soit le traqueur ou le traqué, tous ont les armes pour se défendre et tous savent plus ou moins a quoi s'attendre, alors que dans le monde "réel", l'auteur décrit ses concitoyens comme des êtres cruels et égoïstes, qui regardent mourir les gens sans broncher, qui tuent sans scrupules, qui violent à tour de bras... Pas très flatteur pour les Japonais!

Si c’est avant tout un titre d’action prenant et passionnant, Gantz est aussi une critique acerbe de la société et de ses travers. L’égoïsme, la lâcheté dissimulée derrière l’anonymat… L'auteur se lâche et s’avère assez cinglant !

C'est aussi pour cela que les missions de Gantz sont pour Kei une solution à sa vie de lycéen moyen racketté par des aînés sans que personne ne bronche, dans le monde de Gantz il est puissant et peut évacuer toute la pression qu'il accumule... mais parallèlement c'est aussi là qu'il va apprendre la valeur de la vie, de la sienne, mais surtout celle des autres, et va devenir altruiste, pour au final être prêt à se sacrifier pour les autres.

Gantz est donc un titre remarquable, très prenant, doté d'un scénario vraiment original qui réserve plein de surprises... mais parfois un peu dur, gore et gratuit ! Le plus gros défaut de Gantz est que bien souvent il s’avère terriblement frustrant…la série pose de nombreuses questions, et soit elle y répond tard, soit elle n’y répond pas du tout ! Il faut accepter cet état de fait !

Comme à son habitude, Tonkam a encore fait du très bon travail, et propose des volumes de qualités en respectant l’œuvre originale. Même les couvertures de Gantz sont originales et intrigantes!

Voilà un ovni dans l'univers assez codifié du manga, un titre bien étrange qu’il faut à tout prix essayer..."

Que dire de plus? J'ai (re)découvert Gantz avec la Perfect Edition éditée en ce moment même par Delcourt-Tonkam en volumes doubles. Et j'aime, carrément.

J'ai bien un peu de mal avec le dessin de Hiroya Oku, que je trouve particulièrement statique et peu lisible lors des (nombreuses) scènes de combat. Un comble pour un manga qui met en exergue l'action la plus débridée et l'hyper-violence. Toujours d'un point de vue graphique, la composition à base de photos se voit beaucoup et, surtout, a un rendu esthétique peu probant... Autre bémol: Hiroya Oku ne s’encombre guère de cohérence dans son scénario et ajoute et soustrait ses éléments narratifs selon une logique qui m'échappe. Gantz c'est un peu comme la série TV Lost: pas sûr que, malgré ses affirmations, son auteur ait jamais eu une vision précise de où l'emmenait son histoire. Bref, ne vous attendez pas à comprendre les tenants et les aboutissants au dernier tome...

Gantz est aussi un manga coquin avec ses tenues de combat hyper-moulantes, ses héroïnes aux poitrines plantureuses et ses ouvertures de chapitre en bikinis. Hiroya Oku n'a jamais caché son goût pour les jolies pépés et son plaisir à les dessiner. Loin de moi l'intention de critiquer en mal le tropisme érotique de Gantz, bien au contraire: les poitrines plantureuses et les jolies pépés, c'est chouette.

Mais ce ne sont pas les gros nénés le point fort de la série selon moi. Gantz c'est, dans le contexte du Japon contemporain, une science-fiction totalement débridée. Dans leur combi latex MDC, les Gantzers combattent une tripotée de "vilains" issus des imaginaires les plus variés. Monstres mythologiques, divinités, démons, extra-terrestres, robots, méchas... Les adversaires des Gantzers revêtent les apparences les plus diverses. Et c'est là la raison essentielle qui fait que je vous cause de l'œuvre de Hiroya Oku: ses mangas -- et Gantz tout particulièrement-- sont une excellente source d'inspiration pour le Japon de RIFTS (Rifts World Book 8: Japan)!

La suite bientôt...

 

Tag(s) : #BD, #JAPAN, #HIROYA OKU ART, #ASIE, #FAN SERVICE

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